Au nom d’une Formule 1…

En cette période de présentation des nouvelles Formule 1, c’est la saison 2015 qui s’annonce. Mais en attendant le premier Grand Prix et le baptême sur la piste, c’est au baptême tout court qu’il faut procéder. Et qui dit baptême dit nom pour la construction d’une nouvelle identité.

En effet, nommer sa nouvelle monoplace en Formule 1 n’est pas neutre. Cela combine passé, présent et futur. Passé car la base du nom peut reprendre le socle habituel, garant d’une certaine continuité. Le présent, bien sur, avec l’instant du lancement de la saison, l’instant qui marque la naissance de la voiture, mais aussi le futur et l’espoir de perspectives victorieuses. Ce qui est bien souvent synonyme de renouveau pour les équipes, surtout pour celles qui étaient en difficulté la saison précédente, à l’image de Lotus ou Sauber.

Alors à l’appel de son nom, voyons qu’est ce qui se cache derrière ce qui peut être une simple dénomination ou un nom révélateur d’identité. Encore faut-il se montrer à l’écoute, derrière le bruit des V6, du nom des nouvelles Formule 1 dont nous essaierons de lire la personnalité… au nom de la com’ pour certains, au nom d’un championnat pour d’autres, au nom d’une F1 pour nous.

W06 Hybrid : Mercedes est bel et bien l’écurie championne du monde en titre. Sa domination de 2014 demeure le fruit d’une construction de long terme, aussi bien sportive et technique qu’organisationnelle et budgétaire. Le nom de code historique du W ainsi que la 6ème saison en F1 depuis le retour de 2010 sont rejoint par la mention « Hybrid », symbole de la perspective de nouvelle réglementation survenue en 2014 que Mercedes avait anticipé pour gagner. W06 Hybrid, bien plus qu’un nom de code.

RB11 : Au vu du chiffre 11, le palmarès de l’équipe de Milton Keynes (qui compte 4 titres pilotes et 4 titres constructeurs) apparaît comme étant impressionnant. Au-delà des couronnes mondiales, Red Bull représente l’expansion du phénomène du naming en Formule 1. Mis à part Benetton, aucune autre équipe n’avait utilisé ce procédé dans la discipline reine du sport automobile. Malgré les victoires, nombre de commentateurs reprochent à Red Bull l’aspect « ultra-commercial » de sa démarche, sans oublier le fait que la marque n’avait à son arrivée pas de lien avec l’automobile, mis à part le sponsoring de l’équipe Sauber dans les années 1990.

FW37 : L’évolution dans la continuité pour les Williams. A l’ère d’une Formule 1 mondialisée et qui semble de plus en plus distante de ses fans, Williams reste l’écurie « familiale » et compte bien sur parmi les historiques du paddock. D’ailleurs, le nom de la monoplace fait bien écho au fondateur de l’écurie, Sir Franck Williams. Et c’est désormais la fille du fondateur, à savoir Claire Williams qui est désormais à la tête de l’écurie.

SF15-T : Après la F14-T où Ferrari avait fait voté ses fans pour la livrée de 2014, place à la dénommée SF15-T. La lettre S de Scuderia a été ajoutée, témoignant du nouveau cycle managérial et sportif entamé cette saison par Ferrari. Doit-on y lire un symbole de « reprise en main » pour revenir sur le devant de la scène… voilà déjà une façon de rompre avec la décevante saison 2014. Le T vient quant à lui souligner la motorisation V6 turbo.

Scuderia Ferrari - Formule 1

 

MP4-30 : L’autre déception de 2014 parmi les constructeurs historiques reste McLaren. Mais les « McLaren Project 4 » comptent bien rebondir avec le motoriste Honda et l’arrivée de Fernando Alonso. Notons que ce fameux sigle MP4, qui fait tout de suite penser à McLaren, rappelle la fusion entre McLaren et Project 4, la société de Ron Dennis. Ce « simple » élément de nomination en dit long sur le lien entre Ron Dennis et McLaren.

Ron Dennis Formule 1
Ron Dennis

VJM08 : Vijay Mallya 08, ou quand le nom de la monoplace est inspiré par le nom de son propriétaire, le milliardaire indien Vijay Mallya de l’écurie de Formule 1, Force India. Toujours est-il que c’est sous son impulsion que l’ex Jordan, puis Spyker et Midland s’est installée comme une équipe de milieu de tableau avec un bon duo de pilotes : Sergio Perez et Nico Hulkenberg.

STR10 : La STR10 doit matérialiser la 10ème bougie d’une écurie que l’on perçoit toujours comme étant jeune malgré cette décennie passée en F1. Son aspect « Junior Team » renforce cette perception : cette année, le line-up sera composé de deux rookies très attendus, le néerlandais Max Verstappen et l’espagnol Carlos Sainz Jr.

Lotus E23 Hybrid : La mention Hybrid rappelle le partenariat entre Lotus et Mercedes. Le E est là pour l’écurie d’Enstone, qui peine à s’enraciner dans une identité de long terme. En effet, l’écurie en question s’est appelée Benetton, Renault, puis Lotus.

Sauber C34 : C… comme Christiane Sauber, l’épouse du fondateur de l’équipe d’Hinwill Peter Sauber. Depuis la C12 de 1993 pilotée par Karl Wendlinger et Jyrki Järvilehto, Sauber a gardée la même base pour le nom de ses voitures. Notons que de 2006 à 2010 l’équipe était sous le giron de BMW, d’où le creux existant entre la C24 et la C30.

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